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18 avril 2009 ~ 0 Commentaire

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02 décembre 2007 ~ 0 Commentaire

« Oui, nous défendrons la souveraineté populaire ! »

Karel Kostal, membre du collectif isérois pour un référendum, PRS 38

Robert Duguet, membre de PRS.

Le Comité National pour un Référendum (CNR) a démarré sa campagne le 27 novembre 2007 au gymnase Japy, à l’endroit même où nous avons appris en janvier 2005 que notre Non était potentiellement majoritaire dans notre pays. C’était il y a donc presque trois ans : puisque la démocratie a encore reculé en Europe depuis, toute la gauche du « non » était là : Marie Georges Buffet représentait l’organisation invitante, le PCF, et le maire du 11ème arrondissement Georges Sarre nous a fourni la salle, tout en soutenant le meeting au nom du MRC. Etaient co-organisateurs également Francis Wurtz, président du groupe Gauche Unie au Parlement européen, Jean Luc Mélenchon, sénateur socialiste et président de l’association PRS (Pour la République Sociale), Eric Coquerel, Mars/Gauche républicaine, Marie Noëlle Liennemann, députée PS européenne, Christian Picquet, responsable LCR. Le présentateur du meeting a déclaré : « oui, l’union de la gauche est en marche, ce soir… »

La tribune a été d’une parfaite homogénéité. Nous avions l’impression qu’ils parlaient d’une seule voix. Ce meeting a été bien plus qu’un grand atelier de lecture : ce fut, comme l’a déclaré Eric Coquerel « …le rassemblement d’un peuple rebelle, qui a décidé de mobiliser et qui doit mobiliser encore et encore, puisque ceux qui dirigent ont décidé de rejeter notre non et le suffrage universel. » George Sarre est venu dire « non à une Europe antidémocratique et atlantiste, non au contournement du suffrage universel, c’est donc à nous de décider de placer la démocratie au cœur de l’Europe. » Christian Picquet a ajouté : « avons-nous le droit de dire non à la soumission, avons-nous le droit de dire dans quelle société nous voulons vivre ? … Oui, nous défendrons la souveraineté populaire. » Marie Noëlle Liennemann a ajouté : « …comment le peuple a été écarté par les chefs d’Etat, à l’issue de la réunion de Lisbonne », elle en a appelé à « la responsabilité des démocrates pour exiger le débat et imposer la ratification par référendum. L’application du Traité se heurtera à une expérience de la vie… » Marie Georges Buffet a dit : « quand on est de gauche, on donne la parole au peuple… ce n’est pas un scoop, les députés communistes voteront contre la modification de la constitution. Nous allons démontrer qu’une autre Europe est possible». Elle a souligné le lien naturel qu’il y a « entre la lutte pour la démocratie et pour un référendum et les conflits sociaux en cours, pour la défense des retraites, des services publics, et pour l’augmentation des salaires ». Francis Wurtz a démontré que le prétendu nouveau traité était bien « l’enfant légitime » de Giscard d’Estaing. Pour une fois il a donné raison à Daniel Cohn Bendit, qui dépité a déclaré que les partisans du non avaient gagné parce qu’ils avaient réussi à démontrer qu’il y a deux Europe, l’Europe libérale et l’Europe sociale.

Jean Luc Mélenchon a ajouté pour sa part « … on peut être favorable au contenu du traité et exiger le référendum… la question n’est pas de savoir si une crise va éclater, mais quand la crise va éclater… nous devons compter sur nous… c’est contre le mur que nous nous battons, contre le complot des puissants ». Il faut, selon lui, développer un rapport de force suffisant dans le pays, et donc faire pression sur les parlementaires, pour qu’une minorité suffisante des 2/5 du congrès (réunion des deux assemblées à Versailles pour voter la modification de la constitution) fasse échouer l’opération de Sarkozy. En se référant à la naissance de la République, Jean Luc a ajouté qu’il y a dès lors toujours eu dans l’histoire politique du pays une gauche et une droite : la droite avait accepté le droit de veto du roi, la gauche l’a refusé : « qui a raison, le peuple ! »

Nous avons quitté ce meeting, conscients que la bataille sera plus dure qu’en 2005, mais que nous devons gagner en regroupant massivement autour de nous. Le meeting s’est d’emblée adressé aux peuples d’Europe qui connaissent la même situation que nous. Au-delà, c’est la question de la recomposition de la gauche pour une alternative politique européenne qui est posée.

 

28 novembre 2007 ~ 0 Commentaire

APPEL DE LA CONFERENCE DU PARTI DE LA GAUCHE EUROPEENNE (24-25 novembre 2007)

Réunis à Prague les 24 et 25 novembre 2007, plus de 500 délégués du Parti de la Gauche Européenne (SEL), venus de 22 pays, dont 18 pays de l’Union, se prononcent « pour une Europe de la justice, de la paix, une Europe démocratique et écologique. »

La délégation allemande était conduite par le président de Die Linke Oskar Lafontaine.

La conférence dénonce « … la militarisation de l’Europe et l’installation de bases militaires américaines du système de défense antimissile sur le territoire de l’Union… »

 

La conférence déclare notamment :

« Le non français et néerlandais a ébranlé l’ensemble des pays de l’Union Européenne et a révélé chez les citoyens la profondeur de la crise de confiance dans l’orientation néolibérale de la politique européenne. »

 

La conférence déclare ensuite :

« La Gauche Européenne s’oppose au traité constitutionnel qui maintient intégralement le contenu des traités européens en vigueur, ainsi que le projet de constitution européenne, à savoir une société européenne gérée par la concurrence libre et non faussée… Nous affirmons la nécessité d’engager une nouvelle discussion européenne sur l’indispensable refondation de l’Europe. La seule voie pour une paix durable, pour une coexistence pacifique des Etats et des citoyens de l’Europe, pour la démocratie, pour l’avenir politique et social du continent européen, c’est la voie de la reconstruction européenne. Cette discussion doit apporter un nouveau pacte à l’échelle européenne, approuvé par tous les citoyens, par tous ceux qui veulent vivre en Europe. » (extraits de texte publié par le journal tchèque Britske Listy.)

Cette conférence internationale tenue à Prague revêt une importance capitale pour nous qui avons mené une bataille acharnée pour le non au TCE. Elle révèle que les citoyens français ne sont absolument pas isolés sur cette orientation de rejet de l’Europe ultralibérale. Dans notre combat pour développer les collectifs pour un nouveau référendum en France, nous devons répondre à cet appel pour cette discussion lancée à Prague les 24-25 novembre et développer des contacts directs.

Karel Kostal, socialiste franco-tchèque, membre de PRS 38

Robert Duguet, socialiste membre de PRS 91.

10 novembre 2007 ~ 0 Commentaire

sauvegarder les retraites, un document PRS38 !

sauvegarder les retraites, un document PRS38 ! dans Archives ppt laretraite1.ppt

10 novembre 2007 ~ 0 Commentaire

solidarité avec les démocrates tchèques !

PRS 38 Pour la République Sociale

Les groupes se réclamant du nazisme en République Tchèque ont décidé de « célébrer », le 10 novembre, dans les rues de Prague, l’anniversaire de la ‘Nuit de cristal’. Cette provocation, sans précédent dans l’histoire de ce pays, se déroulera au quartier historique juif, situé au centre de la capitale tchèque. Le cortège néonazi passera, et c’est le clou du spectacle, à côté de la vieille synagogue, dont les murs sont couverts des noms de 77 000 juifs morts dans les camps d’extermination pendant l’occupation nazie.

La justice tchèque, bien qu’alertée à temps par une trentaine d’organisations démocratiques, décidées à s’opposer à cette provocation, a longtemps délibéré, suivant son habitude, avant de prononcer une timide « interdiction » de ce rassemblement. Quant à la Mairie de Prague, dominée par la droite gouvernementale, elle a profité de cette occasion pour proposer l’interdiction de « tout rassemblement extrémiste » ce jour-là au centre de Prague.

Tous les pays de l’Union récemment élargie sont d’ores et déjà touchés par la montée inexorable du totalitarisme sous toutes ses formes. L’Europe est en train d’échapper aux citoyens, l’Europe est en train de tomber aux mains des pires adversaires de l’Europe. Et ce ne sont pas les sornettes sur la concurrence libre et non faussée qui arrêtera cette course à l’abîme.

Une chose est sûre : la voie démocratique pour l’Europe ne se réalisera que si les citoyens s’emparent sans délai de la construction européenne.

Nous apportons notre soutien inconditionnel aux démocrates tchèques qui seront demain dans les rues de Prague pour barrer la route à cette barbarie d’un autre âge.

Karel Kostal

 

Pour la République Sociale 38 Isère

31 octobre 2007 ~ 0 Commentaire

Ceci concerne tous les citoyens français

Les citoyens tchèques restent tout interdits, pourtant ils en ont vu d’autres, et je crains que ceux qui vont lire ces lignes vont croire à une plaisanterie de mauvais goût.

Le ministre de la défense américain Robert Gates, de passage à Prague, fait savoir que le gouvernement Bush vient de proposer à Poutine « la présence de soldats russes » dans les bases militaires américaines, qui sont en cours de construction en République Tchèque. En d’autres termes, le gouvernement américain propose à l’armée russe d’occuper avec l’armée américaine le territoire d’un pays souverain et faisant partie de l’Union Européenne depuis 2004. Les raisons de ce soudain « mini-Yalta » demeurent obscures, toujours est-il que l’administration Bush a décidé d’inviter les militaires russes à venir s’installer en République Tchèque, et a « oublié » d’en informer d’abord le gouvernement tchèque, pourtant le plus américaniste et atlantiste de tous, et à première vue directement concerné. Les gouvernements européens ont-ils été informés ? Je l’ignore. La commission de Bruxelles a-t-elle été informée ? Les députés européens ont-ils été informés ? Je l’ignore.

D’abord « surpris », le premier ministre ultralibéral Topolanek a vite repris ses esprits, et a promptement « approuvé » la proposition américaine. Fallait-il informer l’opinion publique européenne ? Là n’était point son sujet. Sur le sol tchèque, les Américains sont sur le terrain européen conquis. Le gouvernement Klaus-Topolanek prendra la présidence européenne en 2009, et souhaite que les bases militaires américaines soient déployées et opérationnelles avant cette date. Pour présider l’Union Européenne, le gouvernement ultralibéral tchèque a besoin de missiles américains sur le sol européen.

Le choix du Pentagone de son site antimissile est particulièrement significatif. Il se trouve dans les monts Brdy, à quelques dizaines de kilomètres à l’ouest de Prague. Ce territoire fut occupé par l’armée soviétique après l’écrasement du Printemps de Prague en 1968, et dans les années 1980, des missiles à tête nucléaires soviétiques SS 20 furent pointés vers l’Europe occidentale depuis cet endroit. Les troupes soviétiques ont quitté ces lieux en 1991, le pacte de Varsovie a été dissous. Les habitants de l’ancienne Tchécoslovaquie croyaient qu’après la chute du mur de Berlin la guerre froide était finie… Mais l’OTAN n’a pas été dissoute, elle continue, elle s’étend jusqu’au Danube désormais.

Comment le gouvernement tchèque prépare-t-il sa présidence européenne en 2009 ? Le gouvernement Klaus-Topolanek approuve la décision du gouvernement Bush d’installer les bases militaires sur le territoire de
la République Tchèque, donc sur le territoire de l’Union Européenne, à l’issue des tractations bilatérales tchéco-américaines demeurées secrètes de nos jours. Il accepte sur son territoire la présence de troupes russes, sur proposition de Bush. Il refuse le referendum et il veut empêcher le débat parlementaire sur cette question. Le gouvernement tchèque passe outre aux 70% des citoyens qui refusent la présence militaire américaine dans leur pays. A la réunion de Lisbonne, il annonce qu’il cesse d’être « europessimiste » et qu’il va ratifier le nouveau traité européen « le plus rapidement possible ». Non content de refuser le referendum sur le traité européen dans son pays, il fait savoir qu’il n’a pas l’intention de s’adresser au parlement dans cette affaire. La présidence tchèque de l’Union Européenne de 2009 ne risque pas d’être supervisée par les parlements. Elle sera étroitement surveillée par le Pentagone.

Que font les gouvernements européens ? Ils se taisent, ils laissent faire. Que fait
la Commission de Bruxelles ? Elle se tait, elle laisse faire. Que font les médias ? Ils se taisent, ils laissent faire.

Le gouvernement russe acceptera-il cette dernière gesticulation diplomatique de Bush ? Poutine a-t-il envie de jouer un rôle subalterne en tant qu’auxiliaire des Américains ? Mais là n’est point notre sujet. Il s’agit de savoir comment tout cela est possible.

Je ne ferai pas l’affront à mes amis politiques de leur rappeler que c’est précisément cette Europe-là, antisociale, belliciste et antidémocratique, qui s’étale sur les 250 pages du mini-traité « simplifié », qu’on nous impose à présent sans débat, sans referendum, sans délai.

Le peuple français a rejeté le 29 mai 2005 le projet de constitution qui voulait soumettre l’Europe à l’OTAN et à la domination américaine. J’en appelle à sa conscience.

Karel Kostal, le 28 octobre 2007

Socialiste franco-tchèque

PRS 38 Isère

 

22 octobre 2007 ~ 0 Commentaire

Respectez notre Non !

medium_161-150x150.36.jpgCommuniqué de Pour la République Sociale 

Chers ami(e)s, Cher(e)s camarades,

Un mauvais coup se prépare contre la souveraineté populaire. Alors que la majorité a rejeté le traité constitutionnel européen le 29 mai 2005. les gouvernements européens, sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy, viennent d’adopter un projet de traité qui reprend les points essentiels que les électeurs avaient refusés. Et le Président de la République souhaite rapidement le faire ratifier par la voie parlementaire. Seul le peuple peut défaire ce que le peuple a fait; le refus de faire un référendum est un déni de démocratie. Par ailleurs les citoyens sont tenus dans l’ignorance du contenu exact de ce traité.

La mobilisation citoyenne s’impose. Pour lancer cette mobilisation, je vous invite à consulter et à faire largement connaître autour de vous le site www.respecteznotrenon.org

Cordialement

René REVOL
Vice-président de PRS

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C’est au peuple de décider !

22 octobre 2007 ~ 0 Commentaire

Une présidence belliciste, antidémocratique et antisociale de l’Union Européenne, se prépare, pour l’année 2009, à huis clos à Prague

L’administration Bush installe actuellement un système de défense antimissile en République Tchèque, avec l’accord et le concours actif du gouvernement de ce pays, malgré l’hostilité massive de l’opinion publique nationale. En ouvrant le territoire tchèque aux bases militaires américaines, le gouvernement Klaus-Topolanek foule aux pieds les droits élémentaires des citoyens tchèques et européens.
La République Tchèque fait partie de l’Union Européenne. Aucun peuple d’Europe n’a été ni consulté ni informé.
La Commission de Bruxelles se tait.

Officiellement, le dispositif américain n’est même pas destiné à protéger le sol européen. Il est destiné à protéger le territoire des Etats-Unis contre la « menace terroriste » des « Etats voyous », l’Iran et
la Corée du Nord. Le gouvernement Bush et le gouvernement Klaus nous expliquent sans rire que les missiles tirés du territoire iranien ou nord-coréen en direction de l’Alaska ou des Iles Salomon sont susceptibles de survoler la banlieue de Prague.

Le gouvernement tchèque, appelé à présider l’Union Européenne en 2009, a établi un traité militaire bilatéral secret avec les Etats-Unis, dans le dos des peuples d’Europe. La droite ultralibérale a soigneusement caché ses intentions bellicistes et a commencé à dévoiler ses projets après avoir remporté de justesse les élections législatives. La direction du Parti civique démocratique, (ODS), dont Vaclav Klaus est le président d’honneur, agit comme un véritable agent secret américain infiltré dans le pays. C’est par Internet que les citoyens tchèques ont appris l’existence de la « lettre d’invitation » du gouvernement Klaus à Bush, sur le modèle de la fameuse « lettre d’invitation » que la clique stalinienne de Prague avait envoyé à Brejnev, en août 1968. Décidément, le gouvernement Klaus –Topolanek était à bonne école. La ministre de la défense a fait composer une chanson qui reproduit la musique de la fameuse chanson à la gloire du premier cosmonaute soviétique : à la place de « Bonjour commandant Gagarine », c’est « Bonjour radar américain ». Quant à l’ancien président Havel, ancien dissident, ancien démocrate, il estime qu’ « il faut être borné mesquinement pour ne pas saisir la grandeur de la proposition américaine ».

Les dominants défendent leur pouvoir et leurs privilèges. Le fanatisme et la précipitation avec lesquels ils veulent imposer la présence militaire américaine en République Tchèque, malgré l’hostilité massive de l’opinion démocratique nationale, m’amène à croire qu’ils sont persuadés que l’armée américaine les protègera. Leurs richesses matérielles accumulées, dans les conditions que l’on sait, sont trop précieuses pour qu’ils puissent risquer de les perdre un jour. Il n’est pas vain de signaler que ceux qui profitent des récentes « réformes » ultralibérales du gouvernement Klaus, largement favorables aux riches, sont « favorables » aux bases militaires américaines sur le sol tchèque.

Le gouvernement Klaus-Topolanek est le seul gouvernement de l’Union au pouvoir à l’heure actuelle à aller jusqu’à dénigrer ouvertement
la Déclaration universelle des droits de l’homme. Le président Klaus dénonce régulièrement le caractère « inutile » et « nuisible » de ce document, il lui plaît de comparer les droits de l’homme à de la « mauvaise herbe qui nuit à l’économie qu’elle envahit ». Le gouvernement Klaus n’a pas ratifié
la Charte sociale européenne.
La Commission de Bruxelles a « omis » de nous signaler ces « détails ».

Le gouvernement tchèque est le seul gouvernement de l’Union Européenne qui utilise publiquement l’expression « l’Etat privé ». Pour la droite ultralibérale au pouvoir en République Tchèque, il ne s’agit plus seulement de « supprimer l’Etat social », il s’agit de « privatiser l’Etat ». « Nous avons toutes les raisons de penser que tout peut et doit être privatisé », annonce la profession de foi du Parti civique démocratique au pouvoir, « parti du président Klaus ». Qu’est-ce que tout cela veut dire ?

On annonce la privatisation « prochaine », « complète » et « définitive » des services publics : santé, éducation, eau, gaz, électricité, transports en commun, services municipaux. Le programme du gouvernement prévoit la fin prochaine de l’école gratuite, « à partir de la maternelle ». La nouvelle franchise médicale, par un rapport de comparaison, est déjà cinq fois plus élevée en République Tchèque qu’en France. Dans les couloirs des ministères on entend : « Ceux qui ne pourront pas payer ne se soigneront pas. » Cela s’appelle « contracting out ». La privatisation des prisons existantes est annoncée, les prisons sont « une source potentielle importante de profit », et on apprend la construction en catimini de nouvelles prisons privées. La privatisation des fonctions de juges et de procureurs est « envisagée », par l’achat de leurs charges. La création d’une « justice privée » progresse à huis clos rapidement. La question de la privatisation de la police et son remplacement par des « détachements privés d’hommes armés » est âprement discutée dans les ministères concernés, toutes portes fermées. Les ministères compétents s’interrogent publiquement : « comment privatiser la culture ?». La protection de la nature sera confiée aux « entreprises privées outsourcing ». Les élites libérales tchèques parlent à présent tchéco-américain.

Enfin, le ministre de l’économie a récemment posé cette question : « Comment privatiser le chômage ? »La contribution du gouvernement Klaus-Topolanek à l’œuvre européenne commune a incontestablement quelque chose de sensationnel. Je n’arrive pas à savoir si monsieur le ministre veut « privatiser » aussi les chômeurs, s’il veut privatiser seulement les chômeurs tchèques, ou s’il a l’intention de profiter avantageusement de la présidence tchèque en 2009 pour privatiser aussi les chômeurs européens. J’attends impatiemment les premiers éléments d’explication.

Aucune droite européenne n’ose afficher aussi ouvertement son appartenance aux nouveaux riches. Un sénateur affirme sans vergogne qu’il s’agit d’ « imposer des sacrifices indispensables aux classes moyennes, fonctionnaires et retraités », d’une part, et d’autre part, d’ « aligner les salaires des parlementaires tchèques sur les traitements des eurodéputés ». Le cynisme des parvenus tchèques dépasse largement le cynisme des classes possédantes de la vieille Europe.

Le président de
la République Tchèque Vaclav Klaus est le seul chef d’Etat européen qui nie, à l’aide d’arguments « scientifiques », le réchauffement de la planète, et classe l’écologie parmi les « idéologies totalitaires des temps modernes ». Vouloir s’occuper des générations futures est selon Klaus « prétentieux », « économiquement incorrect », « nuisible », et de toute façon « inutile », « l’adaptabilité de l’homme semble infinie ». Dans un an, le président Klaus pourra répandre ses idées massivement, dans le cadre des institutions européennes.

Il y a lieu d’ajouter encore quelques détails au tableau. Le gouvernement tchèque veut « supprimer » la fête du 1er Mai. Officiellement, il s’agit d’effacer « toutes les survivances du communisme ». Mais surtout, il s’agit de supprimer cette journée revendicative. La droite tchèque a horreur de la « foule » dans la rue. Je préfère avertir de suite tous ceux qui auraient l’intention de provoquer des « attroupements » en France durant la présidence tchèque en 2009.

Le Sénat de
la République Tchèque a « décrété » récemment que faucille et marteau sont des « symboles criminels ». Je ne sais pas si la droite tchèque a l’intention d’interdire d’autres « symboles criminels » pendant sa présidence européenne. Elle a déjà dans son collimateur le chant de l’Internationale et
la Journée internationale de la femme.

 

Plus de doute possible désormais, le nouveau traité a désormais la faveur de la droite ultralibérale tchèque. Le gouvernement Klaus-Topolanek a soudainement cessé d’être « eurosceptique », et pour cause, il se prépare à soutenir le nouveau traité « simplifié », certes « un peu compliqué »à ses yeux, mais suffisamment antisocial, antidémocratique et atlantiste.

Voilà le gouvernement que les puissants ont désigné pour présider l’Union Européenne en 2009.

L’arrivée à la présidence européenne de ce gouvernement belliciste, antisocial et antidémocratique, par le procédé de simple alternance, révèle en effet au grand jour que le déficit démocratique de la communauté européenne n’est pas qu’un simple défaut de construction facilement réparable par des méthodes administratives. Cet événement révèle au grand jour une faille majeure dans laquelle s’engouffrent les pires adversaires de l’Europe des Lumières. Les récents élargissements « globalement positifs » se conjuguent avec l’arrivée des fauteurs de guerre d’outre-Atlantique .

Avec la présidence tchèque de 2OO9, la militarisation de l’Europe, sous la conduite des Etats-Unis, est en marche forcée. L’accélération de la militarisation de l’Europe commence déjà avec les préparatifs de la présidence tchèque. Les gouvernements européens laissent faire ainsi que la commissions de Bruxelles. L’intégration européenne est virtuellement rompue.

Je ne saurais poser la plume sans dire que je suis convaincu que les citoyens de
la République Française, eux aussi odieusement trompés et tenus à l’écart par les puissants et médias, sauront se prononcer, le moment venu, sur la présidence tchèque de 2009 en particulier et sur la construction européenne en général. J’en appelle à tous mes amis politiques en France.

Fontaine le 20 octobre 2007

Karel Kostal, Socialiste franco-tchèque

Cercle PRS Fontaine- Rive gauche

08 septembre 2007 ~ 0 Commentaire

LA GAUCHE D’APRES Texte adopté lors de la convention nationale de PRS le 1er juillet à Bordeaux

LA GAUCHE D’APRES

Texte adopté lors de la convention nationale de PRS le 1er juillet à Bordeaux  

 

 

 

 

 

6 mai 2007. Les urnes ont parlé. Leur verdict est sans appel. (…) La gauche d’hier n’est plus. Mais la gauche d’après reste à inventer. (…) Encore faut-il pour mener à bien cet immense chantier avoir les idées claires sur les raisons de la défaite et sur le visage que pourrait prendre la gauche d’après. Depuis la fondation de l’association, c’est précisément à cet effort de la pensée et de l’action que se sont attelés les militants de PRS. (…)

 

PREMIERE PARTIE : LA GAUCHE DANS L’IMPASSE  

 

 

I. LA GAUCHE D’APRES… LE 6 MAI 2007  

 

 

Le scrutin présidentiel de 2007 ouvre une nouvelle période politique. (…) Il clôt cinq années de pouvoir de droite marquées par de sévères confrontations sur le terrain social et électoral. (…) C’est la première fois depuis plus de trente ans qu’un pouvoir sortant a été renouvelé par les urnes. C’est la première fois depuis plus de trente ans qu’un candidat de droite obtient près d’un suffrage sur trois au premier tour. C’est la première fois depuis plus de trente ans que la droite en France l’emporte en assumant une identité libérale-sécuritaire proposée sans fard au pays comme issue à la crise sociale qui le ronge et à la crise de sa représentation politique collective. Rien d’utile ne peut être entrepris à gauche qui ne parte d’une analyse lucide de la défaite. Avant de se relever, il faut admettre que l’on est à terre. Avant de se remettre en marche, il faut comprendre ce qui vous a fait chuter. (…)

A) LA FRANCE EN 2007 : UN PAYS EXASPERE, UNE IMMENSE EXIGENCE DE CHANGEMENT

(…) En fait, la France de 2007 est en plein état d’urgence politique. Ce qui caractérise le mieux notre peuple est son exaspération. Les principes censés produire le consentement à l’autorité ne sont soit plus perçus, soit plus compris, soit plus admis. Cette crise de légitimité se constate dans toutes les catégories sociales, des émeutes urbaines dans les quartiers à l’incivisme fiscal revendiqué comme un acte de résistance légitime par les plus riches. Le déroulement de la campagne a confirmé à la fois la force des exaspérations accumulées et la volonté de trouver une issue à la crise. Déjà la fin d’année 2006 avait connu un très grand nombre de nouvelles inscriptions sur les listes électorales. (…) L’intérêt pour le débat ne s’est jamais démenti. L’urgence sociale a continué de travailler le pays : plusieurs grèves ont éclaté dans le cours même de la campagne, notamment dans le secteur privé. Au premier tour, la participation atteint un niveau exceptionnel. Par rapport à 2002, 8,2 millions de votes supplémentaires ont été exprimés. (…) En se hissant d’un coup à 85%, le niveau de participation est revenu à celui de la première élection présidentielle de la Ve République, en 1965. Il y avait donc une exigence de changement considérable. Force est de constater que la droite a su y répondre tandis que la gauche n’est pas parvenue à l’orienter. Il faut s’efforcer de comprendre pourquoi.

B) COMMENT LA DROITE A GAGNE

Une chose est sûre : Sarkozy n’a pas gagné en écoutant les rengaines à la mode qui proclament la fin des idéologies et des organisations collectives et rangent la rupture au rayon des gros mots. Pour emporter l’élection présidentielle, il a reconstruit un projet idéologique assumé et un parti de combat pour le porter.

1°) LES DROITES IDEOLOGIQUEMENT REUNIFIEES

 

Sarkozy s’est vanté d’être le premier homme de droite à avoir lu Gramsci et ses écrits expliquant comment un camp politique peut conquérir une hégémonie culturelle pour entraîner la société de son côté. En réalité, Le Pen l’avait fait avant lui. L’un comme l’autre se sont abreuvés à une source commune : les travaux de la Nouvelle Droite du début des années 80. Ceux-ci annonçaient déjà que pour préparer un « mai 81 de droite », il fallait ramener le débat sur les thèmes favorables à la droite : les « trois i » d’insécurité, immigration et identité. Sarkozy a mené la bataille des idées. (…). Il a incarné une droite clairement assumée et extrêmement idéologisée. N’est-il pas allé jusqu’à ressusciter de très vieux débats sur les places respectives de l’inné et de l’acquis ? Sa stratégie a été de réaliser une synthèse politique réunifiant idéologiquement les droites (ce qui lui a permis de réduire fortement le vote FN au premier tour) et de s’appuyer sur cette force pour convaincre la majorité de nos concitoyens.

2°) UN PARTI COMME INSTRUMENT

Mais Sarkozy a aussi construit sa victoire grâce à un parti dédié à cette cause. Reprenant là encore les enseignements de Gramsci, il a compris l’importance d’un parti politique pour construire une adhésion majoritaire à son projet. (…). Un travail systématique de renouvellement et de formation des cadres a été mené. Un renforcement militant de l’UMP a été entrepris, avec un soin minutieux apporté à la formation et à la mise en action des nouveaux adhérents. (…)

C) COMMENT LA GAUCHE A PERDU

Le paradoxe est frappant. En 2002, la droite remporte l’élection présidentielle. Ses principaux dirigeants entament malgré tout des remises en cause fondamentales. L’UMP est créée à la demande de Chirac et le RPR disparaît. Nicolas Sarkozy commence sans tarder à construire sa stratégie de « rupture » pour 2007. A l’inverse, la gauche, pourtant battue dès le premier tour, se refuse aux remises en cause. Au Parti socialiste, le réformisme de gauche de François Hollande succède au réalisme de gauche de Lionel Jospin. Et les dirigeants font majoritairement l’erreur de croire que la défaite de 2002 n’est rien de plus que l’effet du « balancier de l’alternance », qui repassera dans le bon sens en 2007.

1°) LE DISCOURS DE GAUCHE INAUDIBLE

La direction du parti socialiste et les responsables de la campagne de Ségolène Royal ont misé sur un rejet mécanique de la droite. La désignation interne acquise, l’essentiel de leur stratégie a été de faire apparaître la candidate socialiste comme le seul « vote utile » pour battre la droite. (…) On pourrait faire la liste des thèmes mis en débat et portés à large échelle par la droite face auxquelles la gauche s’est montrée soit défaillante soit inaudible. Qu’a-t-il été répondu à ceux qui disent qu’il faut bâtir une France de propriétaires ? A l’idée qu’il faudrait alléger l’imposition des successions pour permettre à chacun de transmettre un patrimoine à ses descendants ? A l’idée que la fiscalité française, en faisant partir les riches, augmenterait le nombre de pauvres ? Face à la thèse sarkozienne rendant les plus pauvres responsables de la crise du pays, il a manqué une orientation reconnaissant de la même manière l’urgence sociale et politique, mais désignant clairement les véritables responsables et profiteurs du système. (…) Dès lors la gauche a manqué d’un projet cohérent, constant et combatif face à celui de la droite. (…)

2°) LA CRISE DES PARTIS DE GAUCHE

Autant Sarkozy a bénéficié de l’existence d’un parti en ordre de bataille, autant les partis de gauche se sont montrés incapables d’entraîner la société. Jamais dans une campagne électorale la crise des organisations de gauche n’a été aussi évidente. Elle touche chacune d’elles sans exception. La crise du Parti socialiste s’est notamment manifestée par la manière dont sa candidate a été désignée, à partir d’une association extérieure, et sur les bases d’une contestation des identifiants fondamentaux de ce parti. Elle se confirme et s’aggrave avec le ralliement d’une poignée de ses responsables qui, après avoir appelé à dépasser le clivage gauche droite, intègrent pour la première fois un gouvernement de droite. Le Parti communiste a vu une partie de ses dirigeants soutenir un candidat concurrent à leur secrétaire nationale. L’explosion de l’autre gauche n’a pas permis l’émergence d’une nouvelle construction politique. L’absence de stratégie efficace d’union des gauches a fait le reste. Ce paysage a réduit dramatiquement la capacité de la gauche à entraîner la société. Au final, tous candidats confondus, la gauche totalise une proportion historiquement faible des suffrages, 36%. (…) De même, l’échec de l’autre gauche renvoie principalement à l’incapacité de celle-ci à construire une force politique nouvelle lui permettant de dépasser sa division en groupes concurrents (voire chez certains le refus de principe de toute organisation politique). Jean-Luc Mélenchon ne se trompait pas lors de son intervention au meeting antilibéral de Montpellier, le 17 novembre 2006, au lendemain de la désignation de S. Royal, lorsqu’il déclarait : « Tout socialiste que je suis: je souhaite de toutes mes forces le succès de la démarche que vous avez entreprise. Je souhaite le rassemblement de la gauche représentée ici. Je souhaite qu’il aboutisse à une candidature commune car il est absolument inenvisageable, irresponsable de croire que le seul parti socialiste puisse avoir à lui tout seul, la majorité! Mais j’ajoute que si vous entrez divisés dans cette élection, vous en sortirez de ce fait même en poussières électorales».

3°) LA DEFAITE POUVAIT ETRE EVITEE

Le rétablissement de la gauche au second tour de la législative montre que la défaite présidentielle pouvait être évitée. (…) La gauche a su donner au moins une raison précise de voter pour elle, et la marteler pendant plusieurs jours d’affilée. Ensuite, ce thème a été porté par toutes les forces de gauche sans exception. Il a donc été un facteur d’unification des gauches, contrairement à plusieurs propositions de Royal à la présidentielle qui l’avaient profondément divisée. Enfin, il a porté sur la question du partage des richesses, et pointé l’injustice d’un nouveau transfert prenant dans les poches de la majorité pour financer des cadeaux aux plus riches. Totale différence là encore avec la stratégie de Royal à la présidentielle qui n’avait pas touché au tabou du partage des richesses. La moindre défaite des législatives comparée à celle de la présidentielle confirme qu’avec une autre orientation que celle de l’ordre juste, la victoire était possible.

II LA GAUCHE DAPRESLE 29 MAI 2005

On peut entendre ici ou là que le 6 mai 2007 a sonné pour la première fois le retour aux urnes des classes populaires. C’est inexact. Ce basculement s’est produit deux ans plus tôt, le 29 mai 2005. Alors qu’il était devenu un fait invariant de chaque élection, la différence du niveau d’abstention entre les bureaux de vote populaires et les bureaux des favorisés s’est ce jour-là spectaculairement réduite. (…) Fait sans précédent, alors que la participation ouvrière était jusqu’ici systématiquement et nettement inférieure à la moyenne, elle l’a dépassée légèrement. (…)Jamais avant le referendum sur la Constitution européenne (même le 10 mai 1981), on n’avait vu les ouvriers voter dans le même sens à 79%, les employés à 67%. La fonction publique (64% des salariés du public) et la jeunesse (56% des 18-24 ans) choisissaient également massivement le « non », dessinant dès lors un bloc sociologique nettement majoritaire. Hélas celui-ci n’a pas trouvé une gauche à l’image de ce choix déterminé, massif et homogène. Alors que le peuple de gauche a choisi majoritairement le « non », ses représentants sont allés majoritairement dans le sens inverse. (…)

A) LA SOUVERAINETE POPULAIRE COMME ENJEU

Lorsque s’était ouvert le débat sur la Constitution européenne, les politiques libérales dominantes en Europe avaient déjà été contestées à de multiples reprises dans notre pays, mais uniquement sur le terrain social (notamment en 2003 et en 1995). Le referendum sur la Constitution européenne lui a donné un contenu directement politique et mit au centre des débats la question de la souveraineté populaire. (…)

B) L’UNION DES GAUCHES ET L’IMPLICATION POPULAIRE COMME MOYENS

Au bloc sociologique rassemblé sur le « non » a correspondu un rassemblement politique majoritaire de l’électorat de gauche. 63% des personnes qui se disent proches du PC, du PS ou des Verts ont voté non (tandis qu’à droite, 73% des sympathisants UMP‐UDF‐MPF choisissaient le « oui »). Les électeurs de toutes les sensibilités de la gauche ont fait le même choix, celui du « non ».

La victoire du « non » au sein de la gauche et au sein du pays montre qu’un tel rassemblement est capable d’attirer et d’entraîner. (…) Cela fut le résultat d’une convergence militante sans précédent. Le maillage d’Attac est entré en campagne. Des milliers de socialistes ont pris leur place dans la bataille du « non » de gauche dès les lendemains du référendum interne au PS. Le Parti Communiste a organisé un appui militant tout à fait décisif. Les militants de la LCR n’ont pas ménagé leurs forces. La décision de la CGT a été un signal déterminant. Des syndicalistes se sont impliqués de toutes parts. Tous se sont retrouvés, avec des milliers de citoyens engagés, qui n’appartenaient pas ou plus à des formations politiques, dans les collectifs unitaires qui ont fleuri partout en France, à l’appel des 200. Ainsi, le rassemblement autour du « non » de gauche s’est réalisé en lien étroit avec la mobilisation populaire. Il s’est nourri de l’engagement civique de milliers de citoyens qui ont tenu à exercer librement leur devoir républicain au sein de collectifs pour le « non ». Pendant quelques semaines, le peuple de gauche s’est doté de la force consciente et organisée qui lui faisait jusqu’ici défaut.

C) LA DEROUTE DES IMPORTANTS

Le « non » l’a emporté contre les consignes matraquées jour et nuit par l’ensemble des « leaders d’opinion». Il l’a fait contre l’avis des médias, des partis dominants, des forces économiques. Il signa ainsi la déroute des importants. Cette prise de distance s’est nourrie de la critique salutaire engagée par des centaines de milliers de nos concitoyens contre le contenu des médias dominants et leurs manipulations parfois grossières. Quel qu’ait été leur choix, le résultat du referendum était porteur d’une leçon bien vivante pour tous les militants de gauche. Il n’y a pas de victoire politique sans bataille culturelle. (…)

III LA GAUCHE DAPRESLE 21 AVRIL 2002

 

(…) En 2002, beaucoup à gauche s’empressèrent de tourner la page, décrétant qu’il ne s’agissait que d’un accident, afin de s’épargner tout débat sur leurs propres responsabilités. Cela donna le Congrès de Dijon du Parti Socialiste. Résumé crûment, « on prend les mêmes et on recommence ». D’autres se contentèrent de ressortir des placards l’inusable « explication » de l’échec par la trahison des chefs. Et firent en sorte également de ne rien changer. Résultat : le bilan du 21 avril 2002 n’a jamais été tiré. C’est l’un des points de départ de la défaite de 2007. La qualification de l’extrême-droite au deuxième tour de l’élection présidentielle était pourtant un retentissant coup de tonnerre. Le fait qu’elle se produise après cinq ans d’un gouvernement associant socialistes, communistes et écologistes appelait une introspection rigoureuse. (…)

A) LES LIMITES DE LA GAUCHE PLURIELLE

(…)

B) L’EPUISEMENT D’UNE METHODE GOUVERNEMENTALE

Lorsque la gauche remporte les législatives de 1997, elle n’a pas de pensée construite sur la pratique du pouvoir. Cinq ans plus tard, c’est toujours le cas. (…) Une tiède vision gestionnaire domine en la matière qui a plus à voir avec les préconisations de l’ENA aux futurs hauts fonctionnaires qu’avec les ambitions de transformation sociale de la gauche. Dans cette conception, gouverner, c’est gérer, et gérer c’est d’abord éviter tout conflit qui perturberait la bonne marche des institutions en place. (…)

C) UN ANGLE MORT QUI A CONDUIT AU CRASH

(…) Le sommet de Barcelone, à quelques semaines de l’élection présidentielle, a montré les limites d’une telle stratégie. Faute de construire et de proposer une issue à la crise européenne, le gouvernement s’est résolu à tout faire pour l’éviter. Il a dû se plier aux décisions néolibérales prises par l’Union. (…)

IV LA GAUCHE DAPRESLE 9 NOVEMBRE 1989

 

9 novembre 1989 : le Mur de Berlin vient de tomber. L’événement confirme aux yeux du monde la faillite du communisme d’État. Mais le Mur n’est pas tombé sur la seule tête des communistes. Que certains socialistes aient cru que cet événement ne les concernait pas en dit long sur leur inculture. Car les conditions dans lesquelles la stratégie sociale-démocrate a été définie et mise en oeuvre depuis 1945 sont elles aussi par terre. Et cela au moment même où l’évolution du capitalisme de notre époque est déjà en train d’invalider la veille stratégie sociale-démocrate qui fait découler le progrès social des compromis passés avec le patronat dans le cadre national. Près de vingt ans après la Chute du Mur, la faillite de la social-démocratie européenne et internationale s’étale désormais sous nos yeux.

A) UNE DOUBLE FAILLITE

Si elle est masquée, la faillite de la social-démocratie est au moins aussi complète que celle du communisme d’Etat. (…) En ce moment, la moitié des gouvernements de l’Union européenne sont dirigés par des sociaux-démocrates ou les intègrent dans une coalition avec le centre ou la droite. Cela n’a pas le moindre impact, au contraire, sur une évolution progressiste et démocratique de l’Union. Pourquoi ? D’abord parce que le capitalisme a changé. Le capitalisme est de moins en moins national et de plus en plus transnational. Dans les pays qui virent naître la social-démocratie, il est de moins en moins industriel et de plus en plus financier. La social-démocratie est incapable d’appliquer ses vieilles recettes contractuelles à cette forme nouvelle. Elle savait nouer des compromis avec les représentants du capital industriel national. Mais comment négocier un droit tel que le salaire minimum avec un fond de pension, capable de transférer à tout moment son investissement dans un pays aux normes plus basses et uniquement préoccupé de rentabilité à court terme ? Ensuite parce que beaucoup des avancées sociales arrachées par la social-démocratie européenne au cours du XXe siècle ne l’auraient pas été si le spectre de la « contagion communiste » n’avait limité la gourmandise des possédants. Aujourd’hui le nouvel ordre mondial est « globalitaire ». (…)

La social-démocratie est donc impuissante. Dès lors, c’est la capitulation en rase campagne, avec l’espoir qu’un redémarrage du capitalisme national finisse par donner mécaniquement des bienfaits aux travailleurs du pays concerné, ce qui ne se produit jamais. D’autre fois, là où les relations politiques sont à leur extrême, c’est la social-démocratie qui prend en charge l’affrontement avec le peuple. On a pu en observer les conséquences au Venezuela, en Bolivie ou en Argentine : les derniers gouvernements sociaux-démocrates ont fait tirer sur les manifestations populaires. Leurs chefs sont en fuite à l’étranger. Et sur tout ce continent, c’est contre les partis sociaux-démocrates que s’est levée la vague de gauche qui déferle sur l’Amérique Latine.

B) LA BATAILLE DE L’EMANCIPATION

(…)L’émancipation n’est pas le fruit d’une nécessité aveugle : elle doit être voulue consciemment. C’est pourquoi elle ne peut être que l’oeuvre de citoyens éduqués et motivés. Les militants de l’émancipation accordent donc une place centrale à l’éducation, à la liberté de conscience, à la laïcité et aujourd’hui à la bataille culturelle contre l’enfermement idéologique dans lequel nous conduit le nouvel âge du capitalisme. L’émancipation est toujours individuelle dans le sens où chaque homme est à la fois le sujet et l’acteur de sa propre émancipation. En même temps, elle est nécessairement collective. Aucun être ne peut être libre si les conditions sociales et politiques n’en sont pas réunies. (…)

C) JAURES, REVIENS !

Comment retrouver le fil d’un projet émancipateur se fixant la perspective d’un dépassement du capitalisme après la Chute du Mur de Berlin et la faillite de la social-démocratie ? L’histoire de chaque peuple apporte une contribution spécifique à cette recherche. La France offre en partage au monde la Grande Révolution de 1789-1793 puis les acquis de la République laïque, du mouvement ouvrier et du socialisme. C’est un héritage que Jaurès a longuement pensé et revendiqué en situant le socialisme comme la réalisation complète des idéaux de la Révolution française : « le socialisme proclame que la République politique doit aboutir à la République sociale ».

Le projet de la République sociale recherche le dépassement du capitalisme grâce à l’appropriation par le peuple des moyens politiques et économiques permettant son émancipation. Il affronte sans détours l’urgence politique, sociale et écologique provoquée par le capitalisme de notre époque. Il vise un nouveau partage des richesses et l’adoption d’un vrai modèle de développement durable et de production maîtrisée garantissant l’accès aux droits et la préservation des biens communs de l’Humanité. Il entend créer les conditions d’une paix durable quand le capitalisme porte la guerre comme la nuée porte l’orage. C’est un projet républicain, qui garantit la primauté partout de la souveraineté populaire une et indivisible, de la loi, de l’égalité laïque et du développement humain. Il constitue un horizon qui donne un sens et une direction d’ensemble aux efforts de tous pour rendre le monde meilleur, pour aller vers un développement plus humain. Il s’appuie sur des siècles de progrès humain. Parce qu’il tire les leçons des faillites jumelles du communisme d’Etat et de la social-démocratie, ce projet de transformation sociale et politique peut renouer le fil de l’ambition émancipatrice qui porte la gauche depuis plus de deux siècles.

DEUXIEME PARTIE : LA GAUCHE EN REINVENTION

I UNE AUTRE GAUCHE EST POSSIBLE

La crise à gauche n’est pas sans issue. Partout des hommes et des femmes relèvent la tête face à un système qui les opprime. Partout l’échec patent du nouvel âge du capitalisme pousse des peuples à chercher les voies d’une alternative. Partout de nouvelles gauches fleurissent. (…)

A) LA REINVENTION DE LA GAUCHE A COMMENCE

La réinvention de la gauche n’est pas qu’un slogan. Elle a lieu en ce moment même en Amérique latine, au Brésil, Venezuela, Bolivie, Equateur, Argentine… Parce que le néo-libéralisme a été appliqué dans ces pays avec une radicalité plus violente que partout ailleurs, c’est là qu’elle est la plus visible et spectaculaire. Mais ce processus se déroule également en Europe avec la naissance du parti de gauche allemand Die Linke. (…) Evidemment, lorsqu’elles parviennent au pouvoir, les nouvelles gauches latino-américaines dessinent dans leurs politiques des programmes différents. Elles n’en ont pas moins en commun quatre points fondamentaux qui visent à rompre avec les méfaits du libéralisme. Notons que chacun d’eux résonne fortement dans l’expérience européenne du nouveau parti allemand de la gauche. N’ont-ils pas un sens aussi en France ?

1°) LA REFONDATION CIVIQUE DES NATIONS GRACE A DES PROCESSUS

CONSTITUANTS

(…) Et en France ? Pouvons-nous nous satisfaire de la dérive censitaire d’une Ve République qui rogne chaque jour le débat public et prive les citoyens des moyens de se faire entendre ? La revendication d’une Sixième République n’est-elle pas le préalable du changement en profondeur auquel nous aspirons ?

2°) LA RECUPERATION DE LA SOUVERAINETE SUR LES GRANDS OUTILS DE

DEVELOPPEMENT ET LAPPROPRIATION SOCIALE DES RESSOURCES NATURELLES

(…) En Allemagne également, Die Linke fait étroitement le lien entre les enjeux écologiques et l’exigence d’appropriation sociale d’un certain nombre de secteurs. C’est ainsi qu’il met l’accent sur la nationalisation de l’énergie comme condition d’un autre mode de développement à la fois plus égalitaire et respectueux de l’environnement. Et en France ? La formation d’un pôle public de l’énergie n’est-elle pas un objectif immédiat d’action écologique, sociale et de souveraineté ?

3°) LA PRIORITE AUX PLUS PAUVRES POUR ABOLIR LAPARTHEID SOCIAL

La première réponse des nouvelles gauches latino-américaines à la pauvreté de masse n’a pas été d’abord économique ou sociale mais politique. Cette approche est résumée par la formule : « pour régler le problème de la pauvreté, il faut donner le pouvoir aux pauvres ». C’est la condition pour que l’Etat reste durablement au service du plus grand nombre. Les politiques sociales qui en résultent sont particulièrement audacieuses et globales touchant à la fois l’alimentation (Mission Mercal au Venezuela, plan Zéro faim au Brésil), l’alphabétisation de masse et l’éducation (Mission Robinson au Venezuela et en Bolivie), la santé pour tous avec des centres publics de santé et des médecins de proximité (Mission Barrio Adentro au Venezuela), le logement ou encore le soutien aux travailleurs (hausse du salaire minimum de 35% au Brésil) … Et les résultats sont tangibles : 2 millions d’adultes alphabétisés au Venezuela mais aussi une proportion de personnes vivant avec moins de 1 $ par jour (extrême dénuement) qui est passée d’après le PNUD de 14,7% à 8,3% entre 1998 et 2004. De même au Brésil, l’aide alimentaire apportée à 11 millions de familles pauvres a permis de faire passer le taux de pauvreté de 26,7% à 22,7% de la population au terme du premier mandat de Lula. (…) En Allemagne, les principales revendications du nouveau parti Die Linke sont le salaire minimum, la revalorisation des petites retraites et le rétablissement des droits des chômeurs. Là aussi, au coeur de la première puissance économique européenne, la lutte contre la pauvreté de masse est le chemin par lequel passe la rupture avec le modèle économique dominant. Et en France ? La résignation face à la pauvreté de masse n’est-elle pas la première défaite de l’esprit républicain qui se dressa dès l’origine contre la misère et le premier renoncement de la gauche à la plus élémentaire solidarité de classe ? Le relèvement du salaire minimum et des petites pensions, la récupération des 10 points de richesse nationale passés des poches du travail dans celles du capital, ne sont-ils pas à l’ordre du jour ?

4°) L’AFFIRMATION DU DROIT A DECIDER DAPRES SES PROPRES BESOINS DE

DEVELOPPEMENT FACE A LA SUPERPUISSANCE ETATSUNIENNE ET AUX

INSTITUTIONS FINANCIERES INTERNATIONALES

(…) Cela conduit le front Venezuela‐Brésil‐Argentine à refuser la libéralisation commerciale américaine et à faire capoter la proposition Etats‐unienne d’ALCA. Cela les conduit aussi à une prise d’autonomie effective face aux institutions financières internationales qui ont conduit leurs pays à la ruine : remboursements anticipés au FMI par le Venezuela et le Brésil (pour économiser les intérêts) ou même refus pur et simple d’honorer une partie de la dette par l’Argentine. (…) En Allemagne, Die Linke inscrit son action dans une refondation démocratique et sociale du cadre européen actuel. Il met au premier plan l’actualité de la lutte pour la paix face à la politique impériale des Etats‐ Unis d’Amérique.

Et en France ? Devons‐nous renoncer à l’idée que notre pays peut être le promoteur sous toutes les latitudes d’un nouvel ordre mondial respectueux du droit de chaque peuple à fixer souverainement son destin ? Pourquoi maintenons‐nous notre participation au FMI et à la Banque Mondiale ? Pourquoi n’avons‐nous aucune politique de représailles contre les paradis fiscaux ? Pourquoi acceptons‐nous l’intégration au commandement militaire intégré de l’OTAN qui joint nos forces en Afghanistan sans mandat du Parlement français ?

B) EN FRANCE, LE DEBAT EST OUVERT

En France, le débat sur la gauche d’après est enfin ouvert. (…) Si le PS devient un parti de centre gauche assumé, un parti social démocrate, il ne pourra plus regrouper que ceux qui se reconnaissent dans cette impasse. A l’évidence, ceux qui veulent prolonger l’idéal de la République sociale et de la gauche de rupture ne pourront en être. Dans ce cas, il leur faudra proposer un autre chemin.

L’autre gauche aussi est au défi. Va-t-elle maintenir sa fragmentation si désespérante et si nuisible à la gauche toute entière ? (…) Ces questions seront présentes dans les débats du congrès anticipé convoqué par le PCF pour la fin de l’année 2007. D’ores et déjà, MG Buffet a mis plusieurs hypothèses sur la table. Parmi celles-ci figure la constitution d’un « Die Linke à la française ». De leur côté, plusieurs sensibilités de l’autre gauche impliquées dans la démarche des collectifs unitaires antilibéraux se posent aussi la question d’une nouvelle construction politique. Des débats ont également lieu au sein de la LCR. Partout le besoin d’une force nouvelle à gauche fait son chemin dans les têtes.

II LA GAUCHE A BESOIN DUNE FORCE NOUVELLE

On le voit, les expériences de réinvention de la gauche ne manquent pas. Toutes convergent sur un point. La réinvention de la gauche commence avec la constitution d’une force politique nouvelle se donnant comme objectif la résolution de la crise de nos sociétés provoquée par la mondialisation libérale à travers la conquête démocratique du pouvoir grâce à la conviction du plus grand nombre. Ce qui nous manque en France, c’est bien ce lieu politique de la mise en mots partagée et en programme. Un tel lieu est la condition pour que se fabrique la nécessaire synthèse des gauches permettant sa réinvention. Un tel lieu est aussi indispensable pour que les idées de gauche deviennent une force matérielle : celle des millions de consciences qui la prendront en charge. La rénovation de la gauche aujourd’hui revendiquée par tous ne peut se mener dans le huis‐clos des organisations existantes. Elle appelle le dépassement des partis qui constituent aujourd’hui la gauche et des frontières qui la divisent depuis près d’un siècle. Car nulle part les nouvelles forces qui émergent pour remplir le vide laissé à gauche par le double échec du communisme d’Etat et de la social-démocratie ne se définissent comme la continuité d’un de ces modèles. Partout c’est une force véritablement nouvelle qui est à l’ordre du jour.

A) LA FORME PARTI N’EST PAS DEPASSEE

 

(…) C’est donc un même raisonnement qui nous conduit à penser que la forme parti n’est pas dépassée et qui nous fait dire que les formes et pratiques des partis existants à gauche doivent l’être. On doit se méfier des discours rarement concrets qui mettent en cause la forme partidaire de l’activité politique au motif que les partis existants ne sont pas satisfaisants de bien des façons. Il ne s’agit certainement pas de nier l’importance et l’efficacité des formes modernes du militantisme faites de réseaux, listes de diffusion, associations de missions. Mais de telles formes peuvent parfaitement s’inscrire dans le cadre d’une action partidaire. Il s’agit donc bien de ne pas accepter de démanteler nous-mêmes les seuls outils réellement à notre disposition pour mener un combat politiquement coordonné à la mesure des problèmes à traiter. (…)

B) UNE SYNTHESE VERITABLE

A la tribune du Congrès constitutif de Die Linke à Berlin, Gregor Gysi, l’un des principaux fondateurs de ce parti et co-président avec Oskar Lafontaine de son groupe parlementaire, s’est interrogé ainsi : « Qui sommes-nous ? ». Puis il répondit, se tournant vers le slogan de son nouveau parti « Die Linke. », « nous sommes la gauche, point. » Quelques instants plus tard, Oskar Lafontaine répondit autrement encore à la même question : « nous sommes les héritiers des sociaux-démocrates emprisonnés à l’Est, des communistes emprisonnés à l’Ouest, des militants de gauche martyrisés par le nazisme ». Dès le premier jour d’existence du nouveau parti, celui-ci fonctionnait déjà comme un lieu de synthèse, de fabrication d’une culture commune, de mise en mots de références partagées. (…) Il s’agit d’une synthèse honnête, respectueuse des histoires de chacun, constituant l’aboutissement d’un débat réel et d’une conviction véritable. Parvenir à une telle synthèse implique des conditions politiques préalables.

 

La première de celles-ci est la reconnaissance des identités et des histoires de chacun. La force nouvelle ne peut s’accommoder de la négation d’aucune de ses composantes. Dès lors qu’elle le souhaite, chacune d’elle doit pouvoir exister en tant que telle. Car tout processus qui apparaîtrait pour l’une des composantes engagées dans ce nouveau regroupement comme une liquidation ou un ralliement serait privé dès son origine de l’élan nécessaire.

La deuxième condition est que la force nouvelle ait l’ambition de s’adresser à toute la gauche. Si la volonté de travailler au dépassement des frontières qui divisent la gauche depuis près d’un siècle doit conduire à rechercher prioritairement la synthèse entre les traditions communiste, socialiste et trotskyste, celle-ci doit se donner comme objectif d’entraîner la gauche toute entière. Elle doit donc être d’abord tournée vers la société. Et notamment vers la gauche telle qu’elle est, dans sa richesse et sa diversité. Cela implique que la force nouvelle fasse toute sa place, dans ses orientations comme dans ses structures, aux militants de gauche qui ne se reconnaissent à l’heure actuelle dans aucune organisation politique, aux militants écologistes, aux apports des mouvements altermondialiste, féministe, antiraciste, aux syndicalistes, aux intellectuels, aux militants de la culture. En travaillant à une synthèse en son sein, la force nouvelle travaillera à la synthèse avec la société.

C) QUATRE IMPERATIFS POUR LA FORCE NOUVELLE

Dans les mois décisifs qui viennent, PRS engagera le débat avec tous ceux, sans exclusives, qui sans partager l’ensemble des orientations exposées dans cette résolution, se déclareront disponibles pour réinventer la gauche, dépasser le double échec du communisme d’Etat et de la social démocratie, formuler la République sociale comme alternative au capitalisme de notre époque, poser les jalons d’une force politique nouvelle candidate à l’exercice du pouvoir dans le sens des intérêts du plus grand nombre. Celle-ci devra à notre sens répondre à quatre impératifs.

Premièrement elle devra être une force de gauche. Et seulement de gauche. Car l’union à gauche est incompatible avec l’alliance au centre. (…)

Deuxièmement, la force nouvelle devra se donner comme objectif la reconquête d’une hégémonie culturelle face à l’idéologie dominante du capitalisme de notre époque en menant le combat des idées autour d’un projet politique républicain. Elle s’impliquera dans les luttes sociales qui sont souvent à la fois le premier moment de formation d’une conscience de classe et des événements qui donnent à voir une alternative possible à l’ordre actuel des choses, en cherchant à les relier à un horizon global de transformation politique et sociale conforme à l’intérêt général du pays. (…)

Troisièmement, la force nouvelle devra avoir une vocation majoritaire et gouvernementale. Elle s’efforcera de proposer à nos concitoyens un « autre vote utile » pour gouverner à gauche. Nous avons l’ambition de changer la vie vraiment. C’est pourquoi nous sommes candidats au pouvoir.

Quatrièmement, la force nouvelle sera unitaire. Elle sera par elle-même un facteur de regroupement de la gauche des ruptures aujourd’hui dispersée. Mais elle contribuera aussi à l’union des gauches, toutes les gauches, rien que les gauches. C’est ce que nous avons appelé l’union dans l’union. Elle respectera le choix des électeurs de gauche au premier tour et se rassemblera derrière le candidat le mieux placé au second. Bien sûr elle exigera la même attitude de la part de ses partenaires de gauche.

CONCLUSION

La gauche française ne manque pas d’atouts pour prendre sa place dans la réinvention de la gauche.

Elle s’appuie sur une histoire féconde. (…) Elle dispose de forces organisées capables d’impulser un tel processus pour peu qu’elles décident de s’engager dans ce sens. Elle dispose de l’expérience d’un peuple qui refusa à de nombreuses reprises de considérer l’ordre injuste du monde comme un horizon indépassable.

 

La gauche d’après est donc possible. Mais elle ne naîtra pas sans la volonté consciente d’hommes et de femmes déterminés. Dès lors c’est à chacun de ceux qui se reconnaissant dans le combat séculaire de la gauche pour l’émancipation d’écrire cette nouvelle page de son histoire. Les militants de PRS sont prêts à s’y engager de toutes leurs forces.

 

26 août 2007 ~ 0 Commentaire

LA PAIX N’A PAS BESOIN DE NOUVEAUX MISSILES



La déclaration de Prague suivante a d’ores et déjà recueilli 600 signatures de différents pays : Allemagne, République Tchèque, Pologne, Hongrie, Slovénie, Irlande, Russie, Ukraine, Moldavie, Etats-Unis, Belgique, Italie, Autriche, Australie, Suède, France, Népal… Dans la liste des signataires on observe la présence de très nombreux militants du nouveau parti « Die Linke » de la gauche allemande.

DECLARATION DE PRAGUE

Elaborée par les participants de la conférence contre la militarisation de l’Europe.

LA PAIX N’A PAS BESOIN DE NOUVEAUX MISSILES

Nous disons non au système de défense antimissile US en Europe


 

Si vous vous portez signataires de l’Appel, indiquez vos noms, prénoms, adresse électronique et appartenance et envoyez un courrier à l’adresse suivante. N’hésitez pas en signant à consigner vos propres commentaires dans le mail : karelkost@numericable.fr

 


 

Cette déclaration a été adoptée par la conférence ‘Contre la militarisation de l’Europe’, qui a eu lieu à Prague le 5 mai 2OO7, et à laquelle ont participé 15O militants de 15 mouvements issus de 10 pays. Tous ceux qui se sentent concernés des conséquences du projet d’installation du bouclier antimissile US, pour la paix et la stabilité en Europe, sont invités à la signer.

Confrontés aux nouveaux plans militaires des Etats-Unis, qui sont depuis le 1O mai 2OO7 en pourparlers officiels avec les gouvernements tchèque et polonais, les signataires de cet appel déclarent

Nous condamnons les projets de l’administration Bush d’installer le « système de défense antimissile national » des Etats Unis sur le territoire de la République Tchèque et de la Pologne. La majorité des Tchèques et Polonais, ainsi que la majorité des hommes dans les autres pays de l’Europe, refusent ces projets. Nous rejetons les arguments officiels en faveur du dispositif NMD (National Missil Defense) qui ne sont pour nous que des prétextes.

Ce projet, s’il devait se réaliser, ne renforce pas la sécurité, bien au contraire, il constitue une menace et des incertitudes nouvelles.

Bien que présenté comme « défensif », ce projet permet en réalité aux Etats -Unis d’attaquer d’autres pays sans risque de riposte. Il place également les pays « hôtes » sur la ligne de front des futures guerres des USA.

Les gouvernements de la Pologne et de la République Tchèque prennent bien à la légère le risque de la nouvelle course aux armements, en même temps qu’ils mettent en péril le traité international de non prolifération des armes nucléaires et de limitation des armes conventionnelles dans le monde, notamment en Europe.

C’est du désarmement dont nous avons besoin, en effet, condition de la paix et de la sécurité du genre humain.

Confrontés à la crise écologique qui s’annonce, nous avons besoin de coopération et de confiance, non de confrontation.

Mouvement pour la paix, mouvement pour la démocratie, mouvement d’émancipation politique, mouvement d’émancipation de la femme, mouvement écologique, mouvement syndical, doivent résister ensemble aux efforts destinés à dresser les pays européens les uns contre les autres. Nous concevons notre déclaration de protestation comme partie intégrante du mouvement global contre toutes les bases militaires étrangères, contre toutes les infrastructures nécessaires aux guerres d ‘agression. Nous voulons contribuer à bâtir la paix en Europe et dans le monde, pour que les communautés des pays puissent défendre ensemble leurs droits et prendre part à leurs affaires publiques.

Ni l’Union Européenne ni les Etats membres de l’OTAN ne doivent participer à cette nouvelle aventure militaire de l’administration Bush. La paix reste notre priorité absolue.

Nous demandons à ceux qui ont des responsabilités dans l’Union Européenne, en premier lieu le président Klaus et le président Kaczynski, d’entendre la volonté du peuple de l’Union Européenne. Nous exigeons qu’ils se comportent en démocrates et qu’ils organisent un referendum sur le déploiement des éléments du NMD dans leurs pays.

Nous rejetons avec fermeté la tentative de légitimer les projets des USA par des moyens détournés, par l’intermédiaire des processus de décision de l’OTAN et de l’EU. Nous nous adressons à vous, à travers l’éventail des nationalités et de toutes conditions sociales : faisons tout pour que l’Europe ne devienne le théâtre d’une nouvelle course aux armements et d’une nouvelle politique de confrontation.

Nous demandons à tous les hommes de s’adresser oralement ou par écrit à leurs représentants élus. Dites leur que nous refusons une nouvelle politique de confrontation et nous nous en souviendrons le jour où nous serons devant les urnes.

Les participants de la Conférence internationale contre la militarisation de l’Europe.

Prague, le 5 mai 2OO7

 

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