14 juin 2007 ~ 1 Commentaire

Oui, c’est d’une autre gauche dont nous avons besoin !

L’élection de Sarkozy à la présidentielle marque la fin d’un cycle politique ouvert avec le 21 avril. Les résultats des législatives n’ont fait qu’entériner la déroute de la gauche, de toute la gauche ! Plusieurs remarques peuvent déjà servir à établir un premier bilan des forces et faiblesses de la gauche et ainsi tirer les leçons d’une défaite lourde de conséquences pour les salariés, les précaires, les chômeurs, les immigrés, les jeunes, la protection sociale, le code du travail, ….

 

Une élection imperdable ?

 

Un premier constat semble fondamental si nous voulons réinventer une gauche digne de ce nom : il n’y a pas de mouvement mécanique en politique ! Alors que toutes les luttes sociales, de celle de 2003 contre les retraites à celle victorieuse du CPE, et que les victoires politiques de 2004 (raz de marée aux régionales et aux européennes) mais surtout du 29 mai 2005, permettaient d’espérer  » mécaniquement  » une victoire de la gauche, c’est la défaite qui a surgit ! Que ce soit pour les  » anti libéraux  » ou que ce soit pour le PS, cette défaite est lourde de signification et exige de se pencher sur les causes de cette déroute, sur les causes de cette élection  » imperdable  » ! C’est toute la gauche qui a perdu et c’est toute la gauche qui doit se remettre en cause …

 

Une droitisation de la société française ?

Selon certains la très large victoire de Nicolas Sarkozy prouverait une droitisation de la société française. Des jeunes disent même qu’ils onnt  » honte de leur pays  » !!

En réalité, ce n’est pas à une droitisation de la société mais à une radicalisation de certaines de ses composantes à laquelle nous avons assisté ! 82% des artisans, commerçants et chefs d’entreprise ont voté Sarkozy. Il réalise des scores similaires chez les agriculteurs et chez les propriétaires… C’est donc bien d’une radicalisation d’une fraction de la société française dont il s’agit ! Or l’histoire du mouvement ouvrier au XXe esr riche d’enseignement à ce sujet ; chaque fois que se sont combinés crise du capitalisme et incapacité partis de gauche à ouvrir une perspective socialiste, la petite bourgeoisie déclassée, paupérisée s’est radicalisée ainsi qu’une partie du salariat (Sarkozy est majoritaire chez les plus bas revenus, ceux de moins de 800 euros!). Les salariés qui ont rejoint Sarkozy sont ceux qui sont les plus précaires…C’est cette dynamique qui a conduit à la construction des partis fascistes dans les années 30 ….

Il s’agit d’un vote de classe même si Sarkozy est parvenu à emmener des fractions des catégories populaires.

 

Une orientation dans la campagne présidentielle qui a perdu le soutien populaire

 

L’échec du 6 mai est la 3e présidentielle consécutive perdue par la gauche. Cela implique de faire un bilan sans concessions par une discussion sincère et fraternelle dans toute la gauche. Le déni de réalité auquel les partisans de Royal se livrent (le refus ridicule d’accepter la défaite par exemple) ne peut empêcher un second constat qui tient à la campagne de S. Royal. La gauche a perdu car elle n’a pas été capable de produire, en réponse à l’aspiration sociale à un vrai changement, à une vraie rupture, des perspectives politiques assumant des mesures et une orientation idéologique et politique claires. Alors que ce qui motive le vote ce sont les inégalités, l’emploi et le pouvoir d’achat, c’est Sarkozy qui a emporté l’adhésion ! La gauche et sa candidate n’ont pas été crédibles sur des thèmes de gauche !!!

C’est l’absence de lisibilité politique de S. Royal sur les grands enjeux économiques et sociaux qui est la cause de la défaite. C’est l’incapacité de la candidate socialiste ainsi que celle des candidats  » anti libéraux  » à produire un horizon alternatif possible qui a conduit à permettre à N Sarkozy d’apparaître comme le vrai candidat du changement !!

De ce point de vue la  » centrisation  » (entre-deux tours) voire la  » droitisation  » (autorité, sécurité et drapeau) de Royal en faisant campagne sur des thèmes de droite n’ont fait qu’accroître le brouillage des repères politiques.

Ceci est particulièrement lisible dans l’évolution des intentions de vote. Alors qu’en décembre, selon les sondages, Royal est estimée plus convaincante que Sarkozy sur le chômage et sur la capacité à mener une  » politique sociale juste  » et qu’en février le pacte présidentielle est accueilli très favorablement par une majorité d’électeurs (87% sont pour la hausse de 5% des petites retraites, 81% pour le bouclier logement, ….), un quart des sympathisants de gauche estime que le programme de Sarkozy est meilleur ! Surtout, à partir du mois de mars, les intentions de vote Royal chez les ouvriers s’effondrent et alors que les deux enjeux considérés comme essentiels demeurent le chômage et une politique sociale juste la candidate choisit d’avancer sur les thèmes de l’insécurité et de l’identité … En avril, elle est désormais battue par Sarkozy sur la question du chômage. On assiste dans les intentions de vote à une  » démobilisation du noyau dur de l’électorat populaire et de gauche au fur et à mesure de la campagne « . Alors que dans son ensemble, le programme du PS remporte l’adhésion (68% pour la hausse du Smic à 1500 euros, 72% pour la hausse de l’impot sur le revenu, 81% pour le remboursement des aides des entreprises délocalisant, …), désormais seulement 61% des sympathisants de gauche trouve la candidate plus crédible que Sarkozy et, alors qu’ils étaient 74% en décembre à la trouver plus crédible sur le chômage, ils ne sont plus que 57 % en avril !!!

En d’autres termes, la gauche a perdu pour cause de flou politique et s’est coupée petit à petit dans la campagne d’une grande partie des catégories populaires et des sympathisants de gauche.

 » Ségolène Royal a échoué à recueillir une majorité des voix au sein de la France modeste, âgée, non urbaine et ouvrière.(…) La candidate a échoué dans son objectif de reconquête des catégories populaires, alors que Lionel Jospin y était majoritaire au second tour de 1995 et qu’il faut rappeler que François Mitterrand recueillait 70 % des voix ouvrières. (…) La candidate socialiste n’a pas obtenu le soutien majoritaire de la France modeste et provinciale et là réside la nature de son échec. Parmi les électeurs qui déclarent s’en sortir « difficilement » et qui auraient dû constituer le coeur de son électorat, la candidate est nettement minoritaire, avec 47 % des voix. « .

Un dernier argument, si nécessaire, réside dans le fait que Sarkozy a été élu avec 55% d’électeurs espérant une amélioration dans leur situation personnelle du fait de son élection quand seulement 48% des électeurs de Royal le pensaient pour elle. En d’autres termes, alors que Sarkozy a été capable de construire un vote de confiance (plein d’illusions bien sûr !) Royal n’a été capable que de rassembler une majorité d’anti sarkozystes ce qui fut insuffisant à créer une dynamique de victoire ! Ce qui signifie aussi que sans ce rejet massif de Sarkozy le score de Royal aurait été encore beaucoup plus faible …

Tirer le bilan des collectifs

Le bilan de cette période ne peut s’exonérer d’une critique du mouvement des collectifs anti libéraux. Deux points semblent indispensables à soumettre à la discussion. Si on accepte les grandes lignes de l’explication de la défaite ci-dessus, alors cela signifie que la gauche anti libérale n’a pas non plus convaincu. Pas plus que Royal cette gauche anti libérale n’a été capable de convaincre les catégories populaires. Un camarade des collectifs grenoblois a expliqué à juste titre que si il y avait eu un vote  » utile  » dont les candidats anti libéraux ont été victimes, c’est qu’aux yeux des électeurs il y avait un vote  » inutile « … L’analyse est certes impertinente mais elle touche au coeur du problème ! Etre  » anti  » nous a permis de vaincre sur le refus du TCE mais cette position n’est pas suffisante pour emporter l’adhésion dans une élection ! C’est d’un véritable horizon alternatif dont nous avons besoin pour convaincre !

Ensuite, sans organisation cet horizon n’est rien ! Et là, une deuxième leçon est à tirer de l’expérience des collectifs : s’ils ont joué un rôle positif de rassemblement et d’échanges, ils ont été incapables de servir de base à la construction d’une nouvelle force politique… C’est pourtant d’une réinvention de la gauche dont nous avons besoin et celle-ci, comme nous venons d’en faire l’expérience dans les collectifs, ne passe pas par un cartel d’organisation. Ne répétons pas deux fois les mêmes erreurs, c’est bien sur une nouvelle base organisationnelle et programmatique qu’il nous faut réinventer la gauche ! Des forces sont disponibles, il faut réussir à les rassembler rapidement …

Alain Dontaine, le 17 juin 2007

Cf – l’étude de G. Sliman, directeur adjoint de BVA.

Cf – J. Jaffré selon les études du Cevipof

 

Une réponse à “Oui, c’est d’une autre gauche dont nous avons besoin !”

  1. au courant? copie internet respublica 402 du 01 12 2005 edouard boeglin cite ainsi pierre joxe affirmant que « le statut alsacien-mosellan en matiere des cultes etait un exemple pour la france entiere  » que claude allegre a mis en llace « les capes de religion » neo- socialisme???? depuis 1918 ::: l’omerta !! »"amen »" » maintenant «  »inch »allah »" pauvre la gauche « encaviardee? »de plus en plus «  »"encu-raillee !!!!helas 3 fois helas cordialement


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